mardi 19 septembre 2017

Le jour où on a peur de blesser l'autre

Il y a quelques temps, lors d’une dispute avec Charmante Compagnie (et oui, aussi charmant soit-il, ça arrive), partie à cause d’un malentendu, j’ai pris conscience de l’impact qu’avaient eu mes dernières fausses couches sur mon couple. En effet, en discutant par la suite, Charmante Compagnie m’a avoué ne pas avoir pu faire correctement son deuil, surtout de la première fausse couche, car il n’avait pas osé trop en parler, afin de ne pas m’accabler davantage.
 Figurez-vous que, de mon côté, parce que j’avais bien senti que mon mari était très meurtri par cet événement, j’avais également volontairement évité de trop en parler, histoire de ne pas remuer le couteau dans la plaie. Sauf que nous étions tous les deux malheureux, et que par peur de blesser l’autre, on s’est fait encore plus de mal à nous-même.
Nous sommes cependant un couple qui échange beaucoup, qui met des mots sur des émotions, des émotions sur des maux … Mais là, je ne sais pas, il y a eu un loupé. Nous sommes restés tous les deux dans notre bulle, afin de ne pas faire de mal à l’autre en reparlant de cet échec. 

Pour ma deuxième fausse couche, j’avais même pris les devants. Le jour de l’annonce de l’arrêt du cœur de notre petit embryon, j’avais eu un mauvais pressentiment. Je me doutais qu’on allait nous annoncer une mauvaise nouvelle, et j’avais beau essayer de dédramatiser, ça ne changeait pas cette impression. Charmante Compagnie, lui, est tombé de très haut, et il ne s’y attendait pas. Je l’ai immédiatement compris, et du coup, je me suis oubliée. Parce que je ne voulais pas qu’il soit triste, qu’il souffre trop et ne se remette pas de cette perte, c’est moi qui me suis refusée la tristesse. Ainsi, je n’ai quasiment pas pleurer … histoire de ne pas nous effondrer tous les deux, et parce que je sais qu’il est très sensible à mes pleurs qui le rende très triste … 

Bref, c’était un peu un cercle vicieux, car j’ai aussi fait ça pour mon entourage, nos parents, nos amis proches etc. A regarder, comme ça, avec du recul, on aurait presque pu croire que je n’étais pas affectée par cette terrible nouvelle. Mais en fait, j’intériorisais tout pour aider ceux que j’aime. J’ai pensé à la tristesse des autres avant de m’accorder le droit d’être triste. Je ne me suis autorisée toutes ces émotions que plus tard, après mon curetage. J’ai fondu en larmes un peu moins de 10 jours après le curetage, et je n’ai pas pu m’arrêter de pleurer avant une ou deux heures. Mais j’ai évacué. Et j’ai fait promettre à ma Charmante Compagnie qu’il fallait qu’on arrête d’avoir peur que nos émotions ou nos sentiments blessent l’autre. Nous sommes un couple solide, nous avons traversé bien des épreuves, l’un et l’autre, alors on est encore plus forts à deux. 


 
Et toi, t’arrive-t-il aussi de te mettre un peu de côté pour éviter de faire souffrir la personne que tu aimes ? 

N'oubliez pas le concours en cours sur le blog ! 

dimanche 17 septembre 2017

Le jour où j'écris mon Mellebullepédia

Sur une inspiration de Cloudy, une blogueuse inspirante, touchante et qui fait réfléchir ...



Melle Bulle a officialisé sa vie de blogueuse le 27 septembre 2008, sur un blog de scrapbooking, mais avait déjà expérimenté les blogs un peu plus jeune, sur des plateformes qui n'existent plus aujourd'hui. Connue également sous les pseudos de Saezienne ou Harlequin Girl, Melle Bulle a finalement définie son identité de blogueuse sous ce pseudo avec la création de sa version 2.0 de son Journal Intime Virtuel. Elle a opté pour ce pseudo, surnom que lui donnait son amie d'enfance qui était, comme elle, une fan de Tryo.

Assistante sociale IRL, Melle Bulle est depuis 2015 une fonctionnaire qui ne lésine pas sur les heures supplémentaires, qu'elle ne récupère quasiment jamais.

Enfance, études et famille.

Melle Bulle est l'aînée d'une fratrie de deux enfants, dorlotés par une maman au foyer et gâté par un papa souvent en réunion. Son enfance est ponctuée par de nombreux déménagements : le Doubs, la Meurthe et Moselle, la Normandie et l'Eure-et-Loir. Cela procure de nombreux amis à Melle Bulle à travers toute la France.
A l'aube de ses 17 ans, ses parents se séparent et Melle Bulle prend son petit frère sous son aile, avant que ce dernier ne s'envole étudier et vivre au Canada.
Excellente élève, studieuse, Melle Bullesuit un parcours de scolarité exemplaire jusqu'en 1ère scientifique où elle réalise qu'elle n'aime pas les maths (sa moyenne de 6/20 en maths l'ayant aidée). Elle obtient donc avec mention B un BAC Littéraire et quitte le nid familial pour retourner en Normandie, étudier l'histoire.
Mais l'histoire fut de courte durée et Melle Bulle quitte la Normandie pour le Rhône et les lettres modernes et la communication. Après deux ans passés sur les bancs de la Fac, elle décide enfin de suivre son rêve et de devenir assistante sociale. A l'époque, quand elle en avait parlé à ses profs de Terminale, on lui avait dit de faire "de vraies études". Agée de 22 ans, Melle Bulle est désormais assez solide pour assumer ses choix.
3 ans plus tard, elle sort de son école, diplômée d'état.

Après une série d'échecs sentimentaux, Melle Bulle rencontre Charmante Compagnie en 2011 et l'épouse en 2014. Ensemble, ils achètent une maison à la campagne pour y construire le nid de leurs futurs enfants. Mais la vie n'est pas un long fleuve tranquille et les enfants tardent à venir. Après 2 ans en PMA, des FIV et des fausses couches, le couple s'oriente vers l'adoption et chemine ensemble vers leur futur bonheur. Heureusement, ils sont entourés de leurs chats et chiens, ce qui les occupent à temps plein.

Carrière.

Après une expérience en psychiatrie du sujet âgé (oui, chez les vieux fous), en addictologie, au centre de dépistage du VIH puis dans les écoles primaires, Melle Bulle prend ses fonctions officiellement à l'hôpital en tant qu'assistante sociale en hématologie et en néonatalogie.
4 ans à faire 140km par jour pour aller bosser ... des heures passées dans les embouteillages ...
Melle Bulle dit stop et décroche une mutation dans un hôpital à côté de chez elle (22 minutes porte à porte) pour novembre 2017, à la Permanence d'Accès aux Soins et à la Santé. Une nouvelle vie professionnelle va s'ouvrir à elle.

Idées défendues.

Melle Bulle n'a aucune prétention, si ce n'est de défendre, à son échelle, les injustices, car elle a horreur de ça (restes de son enfance ? Seuls les psychologues nous le diront).
De part son métier d'assistante sociale, Melle Bulle œuvre pour les autres, pour les aider à retrouver confiance en eux.
Ses valeurs sont celles de l'amitié, du partage et de la sincérité.
Melle Bulle est branchée zéro déchet, maternage et parentalité bienveillante.
En tant que blogueuse, Melle Bulle peut s'adonner à sa passion de toujours : l'écriture. Elle espère d'ailleurs un jour publier ses différents livres, de la fiction et de la non-fiction. Elle recherche d'ailleurs des lecteurs-tests et pourquoi pas, des éditeurs, ah ah !

Traces sur la toile.

Melle Bulle scrap - blog scrap n°1

Les Ateliers de Melle Bulle - blog scrap n°2




Et n'oubliez pas le concours actuellement sur le blog !



vendredi 15 septembre 2017

Le jour où j'fais l'autruche

Petit article que je veux léger et divertissant … Si toi aussi, tu fais l’autruche quand … 



-       Tu as trop dépensé d’argent ce mois-ci et que tu attends le jour de ta paye pour consulter ton compte bancaire histoire de ne pas voir la période à découvert (autorisé, malgré tout, hein !)

-       Tu as une douleur quelque part mais que tu ne vas pas chez le médecin de peur qu’il te découvre un cancer

-       Tu as un retard de règles de 5, 6 ou même 7 semaines mais tu ne fais pas de test de grossesse, tu attends que quelque chose se produise … tes règles, ou ressentir un coup de pied dans ton utérus quelques mois plus tard (de toute façon tu sais que tes règles finiront par arriver)

-       Tu as des kilos en trop mais tu as aussi trop envie de finir le saucisson ou les Kinder qui trainent sur la table. De toute façon, foutu pour foutu, tu te mettras au régime lundi prochain. 

-       Tu te lèves le matin et tu constates que ton chat a vomi par terre/sur la table/à côté du bureau … tu prétendras n’avoir rien vu quand ton mari t’en parlera le soir. 

-        Tu es en réserve mais tu crois qu’il te reste malgré tout suffisamment de carburant pour ne pas faire le plein d’essence aujourd’hui et finir les 34 kilomètres qui te séparent de ton domicile … j’vous laisse imaginer la suite. 

-       Tu passes tous les matins devant ton rosier qui déborde chez le voisin … après tout, tant qu’il t’en parle pas, tu te précipites pas pour le tailler … 

-       Ta voiture a 4 ans et doit passer le contrôle technique … tant que les flics t’arrêtent pas, tu te dis que ça attendre tes prochaines vacances … 

Et les exemples d’autruche sont encore nombreux … 



Et toi, pour quelle raison fais-tu le plus l’autruche ? 

N'oubliez pas le concours en cours sur le blog ! 

jeudi 14 septembre 2017

Le jour où j'organise un petit concours

Je cherchais le bon moment. Le bon moment pour remercier mon fidèle lectorat, car voilà déjà bientôt 9 ans qu'existe ce blog, sous sa première version, et 4 ans sous cette version (définitive). En réalité, je blogue depuis bien plus longtemps, environ 12 ans je dirai, mais à l'époque, c'était surtout en tant que scrappeuse/swappeuse. 
Bref. Pour moi, le moment est arrivé. 
Parce que je me livre de plus en plus dans cette version de journal intime connecté. Parce que pour moi, bloguer signifie partager. Je partage beaucoup, mais je reçois aussi énormément. D'affection, de remerciements, de félicitations, d'encouragement, de conseils ... Pour moi, c'est ça la blogosphère, c'est ma façon de penser cet exercice et de le vivre. J'arrêterai tout le jour où je ne retrouverai plus tout ces valeurs d'échanges et de partages. 
Vous êtes de plus en plus nombreux à réagir, en commentaires ou en messagerie privée, à mes articles sur notre parcours de PMA ou d'adoption, mes interrogations (philosophiques, existentielles, inutiles ...) et je m'aperçois qu'ils font écho à beaucoup de monde. Je suis donc sincèrement heureuse de savoir que mes mots et mes diverses expériences aident les autres - oui, c'est aussi un peu mon côté assistante sociale. 
J'ai réfléchi à une façon de vous remercier. Et j'ai eu envie de vous offrir un petit peu de moi. 
Depuis quelques temps, j'ai ouvert une page Facebook, où il y a donc plus d'instantané et de direct. J'ai déjà organisé deux petits jeux. Ca m'a rappelé l'époque où j'organisais des swaps, où je gâtais mes amies et lectrices de petits cadeau Home Made ... 
Alors, afin de fêter un peu tout ça, j'ai choisi, il y a quelques temps déjà, deux cadeaux à vous faire gagner. Je n'ai pas cherché de partenaires. Je vous gâte modestement. Je n'ai pas l'étoffe ni la prétention d'être une blogueuse qui vous fait gagner un séjour 5 étoiles sur la Lune. 
Non, j'ai une toute autre façon de vous gâter. En flanant dans mon magasin Discount presque préféré [j'ai nommé ... LIDL], j'ai craqué sur deux accessoires déco : 2 valises "Paris Vintage" et une Home Deco lumineuse. Je me suis pris un article de chaque, puis je me suis dis : "Et pourquoi pas ?". J'en ai donc pris plusieurs. A offrir. A mes amies. Mais à vous aussi. 
Ainsi, à partir de ce soir et jusqu'au 30 septembre, j'organise un petit concours et je vous invite à tenter votre chance pour gagner ce petit duo : 



Pour cela, il vous suffit : 

- De commenter cet article en me disant ce que vous mettrez dans votre boîte : pour ma part, elle me sert de boîte à tricot !!!  

- Le jeu se termine le 30 septembre à 23h59

- Une seule participation par personne

Vous pouvez gagner 1 chance supplémentaire si : 

- Vous likez ma page Facebook [+1]
- Vous partagez ce concours sur votre blog [+1] et/ou sur Facebook en mode Public [+1] 

ATTENTION : pas besoin de compte Facebook pour participer, ça vous donne juste des chances supplémentaires (un papier à votre nom en plus dans la boîte pour le tirage au sort)

J'invite mes lecteurs et lectrices de l'ombre à ... oser pointer le bout de son nez, pour avoir une chance aussi de gagner ces deux objets Déco ! 

PS : vous aurez le choix entre 2 "styles" pour chacun des cadeaux : "Vintage Paris" ou "Vintage Nature" et "Home is Where the Heart Is" ou "Home" 

J'espère que ce modeste petit jeu concours vous plaira ! 
Quant à moi, je vous redis un grand MERCI pour votre générosité et vos partages à chaque fois que vous venez passer un peu de temps dans mon univers ! 

- Jeu concours non sponsorisé, je me réserve le droit d'annuler le concours en cas de dysfonctionnement de type tricherie, doubles comptes ...  - 

mardi 12 septembre 2017

Le jour où j'ai retrouvé les Moomins

Plus je me rapproche de la trentaine et plus je recherche des souvenirs de mon enfance. Après avoir téléchargé l’intégralité du dessin animé « Les Animaux du Bois de Quat’sous », qui a littéralement bercé ma jeunesse et très certainement sensibilisé à la cause des animaux … je me suis pris à nouveau d’amour et de passion pour le dessin animé Les Moomins … 




Les Moomins, c’est le nom d’une famille de personnages qui ressemblent à des hippopotames blancs, inventés par une finlandaise. Si ça a peut eu de succès en France, ailleurs dans le monde, et encore maintenant, les Moomins restent célèbres ! Notamment en Angleterre, où il existe même, à Covent Garden (London) une boutique entièrement Moomins, ou aux Pays-Bas (il me semble) où un parc leur est entièrement dédié – parc où je rêve d’aller, forcément ! 



Chez les Moomins – qui vient dans la vallée des … Moomins – il y a Papa Moomin, Maman Moomin et le fils Moomin … ça fait beaucoup de Moomins ! D’autres personnages humains et animaux (imaginaires) gravitent autour de cette jolie famille. Jolie et gentille famille, car dans la famille Moomin, c’est un peu les Bisounours … tout le monde est sage, poli, respectueux, aidant, bienveillant … Bon, je ne vais pas te raconter toutes leurs histoires, car mine de rien, y’a pas mal d’épisodes de dessins animés, mais aussi des livres, des albums et des BD ! 

Il y aussi pas mal de produits marketing et j’ai même cédé à la tentation, l’an dernier, à Londres, en m’offrant une boîte à cacao Moomin, et une pochette de protection pour ma tablette … Si ça ne tenait qu’à moi, j’aurai encore un tas d’autres goodies Moomins, mais je me retiens d’autant plus que mon mari me trouve complètement folle avec ces Moomins … ce qu’il ignore, c’est que déjà, à l’époque, j’étais mordue … au point de mettre le réveil, le dimanche matin, à 6h30, car il y avait des épisodes diffusés à cette heure-là sur une des chaînes françaises ! 

Mon prochain objectif sera de me procurer les livres (romans) et les albums jeunesse et BD, car j’aimerais faire découvrir cet univers à nos futurs enfants mais aussi aux enfants de notre entourage. J’aime l’idée de partager et transmettre des souvenirs de mon enfance car sans tomber dans le cliché du « c’était tellement mieux avant », je dois avouer que les dessins animés actuels me laissent souvent perplexe  et je suis assez attachée aux valeurs sûres des animations de ma génération … 

Ah, et si un jour je gagne au loto, je me ferai construire la maison des Moomins, dont j’ai toujours été fan … ça sera ma maison de vacances … je la vois bien située sur les côtes de l’Ecosse ou de l’Irlande … avec une vue sur la mer … 



Et toi, y’a des personnages de ton enfance qui t’ont marqué plus que d’autres ? As-tu fait découvrir certains dessins animés de ta génération à tes enfants ?

samedi 9 septembre 2017

Le jour où j'ai fait le deuil de la grossesse

Dans une société où les médias  et les gens en général sacralisent la maternité, c’est quelque chose d’assez terrifiant que d’admettre avoir fait le deuil de mener un jour une grossesse à terme et donc, plus clairement, de faire le deuil d’un enfant biologique. 

Parce que si la plupart des gens te disent qu’adopter, c’est super (ils ne savent en fait pas ce que c’est, car « super » ne serait pas le terme à employer), ils continuent malgré tout à te dire qu’en plus, ils connaissent pleins de gens qui ont voulu adopter et pour qui, finalement une grossesse s’est mise en route. Comme si l’adoption était le remède miracle à l’infertilité. Navrée d’apprendre à toutes ces personnes que c’est faux. Et même statistiquement parlant, au sein des personnes qui ont un agrément pour adopter, cela représente à peine 5% des gens … Nous devons donc, encore une fois, faire comprendre aux gens que nous n’adoptons pas dans l’espoir que je tombe enceinte [Tout comme je n’étais pas en PMA juste parce que je pensais trop à ça et que si je n’y pensais plus ça marcherait]. 

Depuis maintenant deux ans que nous sommes en procédure de PMA, j’ai eu le temps de cheminer, de réfléchir, de prendre du recul. Récemment, après ma dernière fausse couche, j’ai ressenti le besoin de voir la psychologue de la PMA. Si je redoutais ce premier RDV, de peur de ne pas savoir quoi lui dire, j’en suis ressortie libérée. Parce qu’au fil de la discussion, j’ai compris quelque chose d’essentiel sur moi et mon inconscient. 



La grossesse est quelque chose que je perçois inconsciemment comme étant un événement négatif. Je m’explique. J’ai vécu tout au long de ma vie des épisodes traumatisants liés à la grossesse. L’événement marquant restera certainement celui de ma grossesse molaire, il y a maintenant 7 ans. Cela aurait pu se limiter à un curetage mais cette grossesse molaire s’est transformée en tumeur trophoblastique (1 grossesse molaire sur 2 000 en France … et 1 sur 10 000 qui se transforme en tumeur trophoblastique … la chanceuse, c’est moi !). Tout juste âgée de 22 ans, en pleine rupture, j’affrontais alors pour la première fois une maladie lourde avec des notions de mort, car qui dit tumeur, dit cancer, dit chimio, dit mort. En tout cas quand tu as 22 ans. J’ai vécu cela seule. Séparée depuis peu, mes parents habitant loin, même si j’ai eu le soutien de mes amies, je me suis malgré tout sentie seule. Mais en même temps, voulant protéger mon entourage, j’ai été à l’origine de cette solitude. J’ai eu 6 mois de traitement de chimio. Si au final, cette expérience m’a apportée beaucoup de maturité, elle a aussi laissé de grosses souffrances que j’ai donc enfoui très profondément. 

Depuis 3 ans, grossesse rime avec échec … L’échec de voir aboutir une grossesse spontanément, naturellement … L’échec de la « petite » PMA … l’échec des inséminations, puis des FIV. Mais encore plus difficile à vivre, l’échec, la fin de la grossesse quand elle a quand même démarré … A tel point que désormais, pour mon inconscient, les grossesses finissent toujours mal … Oui, je peux tomber enceinte, mais non, je ne peux pas le rester. Cela se répercute jusque dans mes rêves … ceux où je rêve que je suis enceinte, sur le point d’accoucher … mais qu’en réalité, je ne le suis pas … que j’accouche d’un poupon … un faux bébé quoi. Bref, que du négatif. Trop de négatif. Tellement d’angoisses. La psychologue m’a fait prendre conscience que ma première expérience de grossesse a été assimilée à ma première expérience de ma propre mort. 

Si je me réjouis sincèrement de l’annonce de grossesses de mon entourage, au fond de moi, une petite voix me dit d’attendre la naissance … car il y aura sûrement, au choix, une fausse couche, une mort fœtale in-utéro, une interruption médicale de grossesse pour malformation … Ouais, que du bonheur, tu l’auras compris. J’y peux rien, c’est plus fort que moi, j’ai beau lutter … en même temps, bosser en pathologie de la grossesse n’aide pas forcément à voir des grossesses « normales », avec un happy end. Je peux vous l’accorder … justement, avec la psychologue, nous travaillons là-dessus … car ce n’est pas anodin que je travaille dans ces services … (juste pour l’anecdote … le service d’hématologie où je bosse a supervisé, à l’époque, ma maladie trophoblastique … j’ai fait le rapprochement 2 ans après être arrivée dans ce service) … il faut donc que j’arrive à comprendre si c’est pour réparer quelque chose ou si c’est pour répéter … 

Quoiqu’il en soit, j’ai pu lui expliquer que lorsque nous avons décidé de nous tourner vers l’adoption, j’ai été soulagée. En effet, l’adoption supprime l’étape de la grossesse. Sans grossesse, plus de mort à mes yeux. Plus d’angoisses de ce genre. Soulagée est même un terme trop faible. Je me suis sentie comme la reine des neiges, libéréééééée, délivréééée de savoir que je deviendrai mère sans passer par la grossesse. Le plus difficile dans cette idée,  c’est de devoir renoncer à l’allaitement. 



J’ai voulu parler de tout cela avec ma mère. Après tout, des tas de choses inconscientes se passent psychologiquement dans la relation mère-fille quand cette dernière souhaite devenir mère à son tour. Seulement, je n’ai pas eu malheureusement la réaction attendue. Ma mère a mal vécu ce que je lui ai expliqué, sûrement parce qu’elle a voulu se mettre à ma place, alors que ce n’est pas possible. Chaque femme a un vécu et un ressenti différent. Elle n’a pas cessé d’essayer de me convaincre à quel point c’est merveilleux une grossesse. Je n’en doute pas, loin de là. Et je me réjouis même de partager les expériences des grossesses de mes amies. Mais pour moi, c’est autre chose de plus profond qui se vit. Et même si je continue parfois à m’imaginer ou me rêver enceinte, découvrant pleinement les joies (ou pas) de la grossesse … je suis malgré tout en paix avec moi-même et avec mon corps. J’ai dit à moi-même que je me pardonnais de ne pas pouvoir être enceinte, de ne pas le vouloir même, et que quoiqu’il arrive, je le vivrai bien. Parce qu’au fond, mon mal être vient du fait de ne pas être mère … Et on peut devenir mère autrement qu’en étant enceinte. On peut être mère autrement qu’en donnant biologiquement la vie. De savoir ça, de m’autoriser ça … m’a permis d’avancer et de faire le deuil de cette grossesse que je n’arrive pas à garder au creux de mon corps. Accepter le fait que je ne serai peut-être jamais enceinte, comprendre d’où viennent mes peurs inconscientes et pour l’exprimer à mon mari … tout ceci m’a permis de me sentir libérer d’un poids. 

[Ceci est mon ressenti et mon vécu personnel … merci de le respecter !]

vendredi 8 septembre 2017

Le jour où j'ai lu La Maison d'à côté

Dernier livre lu durant mes 15 jours à Minorque … un petit polar pour changer La maison d’à côté de Lisa Gardner. Je n’avais encore jamais lu de livre de cette auteure. 




Résumé

Un fait divers dans une banlieue résidentielle de Boston passionne les médias. Sandra Jones, jeune maîtresse d'école et mère modèle, a disparu. Seul témoin: sa petite fille de 4 ans. Suspect n°1: son mari Jason.

Dès que l'inspectrice D.D. Warren pénètre chez les Jones, elle sent que quelque chose cloche : les réticences de Jason à répondre à ses questions, son peu d'empressement à savoir ce qui a bien pu arriver à son épouse "chérie" ... 

Tente-t-il de brouiller les pistes ou cherche-t-il à protéger sa fille, à se cacher? Mais de qui?

Ce livre m’aura surpris dès le départ, du fait de sa singularité d’ouvrir sur la narration de la femme disparue … j’en ai même eu quelques frissons dans le dos. Et puis, tout au long du livre, le narrateur et son point de vue changent, sans pour autant nous perdre. C’est assez fluide. Plusieurs suspects sont petit à petit dévoilés et je dois avouer que le mystère pour moi est resté entier quasiment jusqu’à la toute fin. Disons que j’ai eu quelques doutes, un début de théorie … Mais l’auteure a bien su jouer avec le suspens … sauf que du coup, j’ai trouvé la fin un peu bâclée et même facile. Elle avait si bien menée les chapitres précédents, semant le trouble, donnant des tas et des tas d’infos et de motifs de crime … 
Et puis, paf, révélation finale, on se dépêche de résoudre le truc mais en laissant pas mal d’interrogation sur le carreau. J’ai été amenée à me dire « mais pourquoi y’avait-il telle ou telle info si au final, on en fait rien ». Voilà, ce sera ma petite frustration de ce bouquin qui reste un bon bouquin plaisant à lire, sans être le parfait polar ! J’ai adoré le personnage de Jason que j’ai trouvé on ne peut plus torturé ! Du coup, j’ai hâte de lire d’autres romans de l’auteure car j’ai bien aimé son style d’écriture simple et fluide. 

Je lui accorde la note de 4.5/5



Cet article participe au Challenge Passion Lecture sans pression