mardi 15 mai 2018

Le jour où on explique l'adoption à nos proches

Nous avons toujours été soutenus par nos familles et nos proches amis concernant notre projet d'avoir des enfants, que ce soit à travers notre parcours en PMA ou quand nous avons décidé d'entamer les démarches en vue d'une adoption. 
Toutefois, nous nous sommes vite aperçu que nos proches avaient parfois certaines idées reçues sur le sujet ... Entre ceux qui n'imaginent même pas qu'une FIV puissent ne pas fonctionner, ceux qui s'imaginent que l'obtention de l'agrément signifie que l'enfant va arriver dans les semaines à venir ... 



Nous avons eu envie de commencer à préparer nos proches à la spécificité de l'adoption. 
L'adoption n'est en rien une bonne action, un geste magnifique etc ... même si c'est l'image véhiculée par la société. La parentalité par l'adoption est un processus et ne va pas toujours de soi, même quand on le désire le plus fort possible. D'ailleurs, de nombreux parents vivent un moment de dépression à l'arrivée de l'enfant tant attendu. Car justement,  cet enfant est souvent très, trop attendu. Et par l'entourage aussi. 

Ainsi, nous avons très vite abordé le sujet, notamment avec nos parents qui bien entendu, trépignent d'impatience à l'idée de devenir grands-parents. Nous leur avons expliqué comment allait se passer l’apparentement : un appel du service de l'aide sociale à l'enfance pour nous informer que le conseil de famille nous a choisi pour nous confier un bébé en vue d'une adoption. Ensuite, viendra un temps de rencontrer avec les professionnels pour qu'ils nous parlent de l'histoire de ce bébé. En effet, même âgé de 2 mois, ce bébé aura déjà une histoire et il est important d'en tenir compte dans la construction de son identité. Enfin, il y a aura la fameuse rencontre, la phase d'apparentement au sein de la pouponnière. Cette période dure environ 8 à 10 jours. Nous serons hébergés sur place et serons auprès de notre bébé tous les jours. A la fin de cette période d'adaptation, aussi bien pour nous, jeunes parents, que pour notre enfant, nous rentrerons à la maison. 

Et c'est là où les gens s'imaginent "Happy End, ils vécurent heureux avec leur enfant". Oui, mais pas forcément. Du moins, il y aura des choses à mettre en place. Parce que cet enfant, on aura beau l'avoir attendu pendant des années, et l'aimer de tout notre coeur ... Il y aura ce lien à créer. Il faudra qu'on s'apprivoise mutuellement, qu'il nous fasse confiance et qu'on apprenne à le connaître. Et donc, contrairement à un retour de maternité où tout le monde se presse auprès de la maman et du bébé ... il faudra que l'on construise une petite bulle rien que tous les 3. Pas éternellement, mais pendant un certain temps, pour que l'enfant se pose et se rassure. Et ça ne s'arrêtera pas là, puisque, par la suite, toujours pour que le lien se créé, nous avons averti nos familles que les soins donnés au bébé, les premières semaines, ne seront prodigués que par nos soins. C'est pour que l'attachement se fasse. Ainsi, nous serons préposés aux biberons, couches et bains ... même si les mamies mourront d'envie de donner le biberon à leur petit enfant. Ce sera non négociable et on suivra le rythme de notre bébé. Quand on le sentira serein et en sécurité, alors on pourra permettre à ce que d'autres personnes que nous le nourrissent ... 

C'est un point abordé et travaillé tout au long de la procédure d'agrément. Ce n'est ni un caprice, ni une lubie. Juste des choses à mettre en place pour mettre toutes les chances de notre côté pour que l'attachement se fasse. 




Et il en sera de même pour des tas de petites et grandes choses tout au long de sa vie. L'adoption, même si pour nous, semble naturelle, est un tout autre processus que la parentalité biologique. Il ne faut pas l'oublier et ainsi, les choses se passeront, en effet, le plus naturellement possible. 
Nous avons également fait le choix de ne pas révéler l'histoire de notre bébé adopté, sauf s'il y a une information importante à prendre en compte quand on est auprès de lui. Cette histoire lui appartient et s'il veut en parler à notre famille, nous attendrons que cela vienne de lui. Les gens n'auront pas besoin en effet de savoir si cet enfant est issu d'un viol ou si sa mère de naissance a déjà d'autres enfants. Ils n'auront pas besoin de savoir qu'il est né suite à un déni de grossesse ou que sa mère n'a pu le garder à cause d'un conjoint violent. Ils auront juste besoin de l'aimer pour ce qu'il est. Il nous parait essentiel de respecter cette intimité. L'abandon, même à la naissance, est déjà une terrible épreuve en soi. Pas besoin de rajouter par dessus le regard des autres, même s'il est bienveillant. 

Nous leur expliquons également qu'une fois le bébé confié, il n'est pas encore "à nous". L'adoption plénière n'est prononcée que dans les 6 mois ou plus qui suivent l'arrivée de l'enfant, et qu'avant cela, il y a à nouveau des rapports sociaux et cie ... afin de s'assurer que nous serons de bons parents pour cet enfant, que tout se passe pour le mieux. Il faut compter en moyenne une année avant que l'enfant soit officiellement sur le livret de famille avec sa nouvelle identité.  

Nous discutons de tout cela régulièrement, avec mon mari et avec nos proches. Ainsi, nous espérons que le moment venu, personne ne sera froissé de n'apprendre l'arrivée de notre bébé au sein de notre foyer plusieurs jours après, ou que personne ne me qualifiera de mère surprotectrice quand je refuserai de lui laisser nourrir notre enfant. 



Aujourd'hui, il n'y a qu'une chose que l'on n'ose pas encore aborder, c'est le choix du parrain et de la marraine. Car nous gardons en tête que pour le moment, ce bébé né sous X qui nous sera confié en vue d'une adoption n'existe pas et qu'il n'existera peut-être jamais. Alors, pour les protéger eux-aussi d'une déception, nous ne leur annoncerons qu'une fois l'enfant chez nous !

dimanche 13 mai 2018

Le jour où j'ai repris le tricot

Cela faisait quasiment un an que j'avais délaissé cette nouvelle activité. Mais je dois avouer que le tricot me botte bien, toutefois, j'aimerais vraiment avoir une vraie tricoteuse à mes côtés pour me coacher et m'apprendre pleins de choses. Je bloque pas et même si j'essaye de regarder des tutoriels video, j'ai besoin d'avoir un prof ! 
J'ai toutefois sauté sur l'occasion d'un samedi créatif entre copines pour me relancer. Petite parenthèse. J'ai eu envie de réunir une fois par trimestre mes amies créatives, pour passer une journée à la maison à scrapper, coudre, tricoter, broder, crocheter, ou même juste papoter ... Il y a déjà eu 3 journées créatives et je dois organiser celle de cet été ! Fin de la parenthèse. 
Concernant le tricot, je continue mon apprentissage à partir du magazine Phildar, spécial Layette ! J'ai donc pu terminer quelques ouvrages, mais je coince complètement sur un petit paleto tout mignon pour lequel je n'arrive pas à coudre les manches (tout est tricoté, mais impossible de coudre joliment les manches pour finir l'ouvrage). 
Je me cantonne au point mousse et au jersey, pour le moment ! J'ai appris à faire les boutonnières et à monter des boutons ! 
L'avantage de ne pas avoir encore d'enfant, c'est que je peux prendre mon temps pour tricoter, bébé ne grandira avant que j'aie eu le temps de terminer les ouvrages ! 
Je vous présente donc mes petites "oeuvres" ... et j'espère très prochainement pouvoir vous montrer le paletot ... si d'ici là je trouve une âme charitable pour m'aider avec ses fichues manches à coudre ! 








vendredi 11 mai 2018

Le jour où j'ai mal vécu l'après-obtention de l'agrément #9

Cela peut paraître farfelu, peu probable, bizarre, impensable, pas banal ... bref, être difficile à comprendre, mais je viens de traverser une mauvaise passe "post-obtention-d'agrément". Certes, l'hiver n'a sûrement pas joué en ma faveur, mais avec un peu de recul, aujourd'hui, je peux affirmer avoir fait une sorte de "baby-blues" suite à l'obtention de notre agrément. Tout simplement car cela a signifié un arrêt brutal de notre action dans ce parcours si long que celui de l'adoption. 



Une fois notre agrément en poche, qu'allions nous faire, si ce n'est attendre ? 
Sur le coup, dans l'euphorie du moment, j'ai prévenu mon mari que nous allions envoyer notre "candidature" dans tous les autres départements, histoire de multiplier les chemins qui nous mènerons vers notre futur enfant. Mais très vite, le soufflé est retombé et à ce jour, nous n'avons encore rien fait. 

Cette attente est beaucoup plus difficile à vivre que ce que je croyais, sûrement du fait qu'il n'y a pas de date de fin ... 

Cette attente ne ressemble à aucune autre. Elle ne ressemble pas à l'attente que je vis à chaque fin de cycle : vais-je avoir ou non mes règles ? Elle ne ressemble pas à l'attente que j'ai vécu pour ma grossesse, à attendre la première écho ... Elle ne ressemble pas à l'attente entre chaque FIV, chaque ponction, chaque transfert ... Non, car contrairement à toutes ces attentes où il y a une fin, celle-ci est interminable. 

J'ai subi les premiers mois de l'année. Et pourtant, j'ai essayé de rendre cette attente plus supportable, avec l'organisation de la fête de mes 30 ans, ou les travaux de notre nouvelle cuisine ... mais malgré tout, j'ai vécu les choses de façon très négative. 
Face à cette attente, je n'ai vu que les enfants autour de nous grandir et grandir encore, me déprimant encore plus et me faisant penser au jour où nous serons parents, enfin, mais que nos enfants auront un tel décalage avec ceux des autres ... J'en ai pleuré, même. Persuadée que quand notre tour arrivera enfin, nous serons mis de côté, tout simplement, car nous n'aurons pas le même rythme que les autres. 
Face à cette attente, je n'ai vu que des annonces de grossesse, des ventres s'arrondir et des constats affligeants. Ca ne m'avait jamais autant touchée et impactée.
Face à cette attente, je crois que je me suis renfermée sur moi-même, n'arrivant plus à faire face au reste, à la réalité. Je n'ai plus pris de nouvelles de certaines personnes, je n'en ai plus donné non plus, attendant des choses qui ne sont jamais arrivées. Je crois surtout que j'en ai eu marre de faire semblant, que je n'y arrivais plus, car c'est épuisant. Le sens-unique aussi, d'ailleurs. 
Face à cette attente, je n'ai quasiment rien fait. A peine tricoté. Terminé difficilement un roman. Jamais scrappé ou si peu. Déserté la blogosphère. Lutté pour écrire quelques lignes de mon roman. Etc. Quasi rien. Ou du moins, j'ai cette impression. Que de temps gâché. 
Je me suis laissée débordée, envahir, par une sorte de paresse et de tristesse. Un mélange d'émotions trop fortes et très négatives qui ont eu raison de mon entrain, de ma bonne humeur et ma façon de positiver !  Il faudrait que je m'excuse auprès de certaines personnes quant à mon silence ...
 
Heureusement, quelques fidèles ont été là pour me maintenir hors de l'eau et retrouver le rivage. Grâce à ces quelques précieuses personnes, auprès de qui je recharge les batteries et me nourris de leur amour et de leur force, aujourd'hui, le printemps est revenu aussi dans ma vie. 




Je reprends ma vie en main, je redeviens actrice dans notre projet de parentalité. Je souris à nouveau à la vie et je me lance dans de nouveaux projets, de nouveaux défis. L'attente sera peut être plus douce, moins amère ... 

Même si, aujourd'hui encore, je ne sais pas si je veux arrêter ou avancer le temps ... 

mercredi 9 mai 2018

Le jour où je serai peut-être auteure

Je l'ai déjà abordé à plusieurs reprises ici, je suis sur plusieurs projets d'écriture, à savoir deux romans de fiction, et deux non-fictions. Si au début, il m'était facile d'écrire 4 ouvrages différents en parallèle, l'écriture avançant, aujourd'hui, je me consacre principalement à la rédaction de mon premier roman. J'ai encore mes 3 autres ouvrages en cours, les idées continuent à fuser et je dois vite les noter pour ne pas les oublier, mais pour le moment, je ne projette pas de fin pour 2018 quant à ces 3 autres ouvrages. 



Mon premier roman est une histoire que j'ai inventée dans mon imaginaire il y a de cela plusieurs années. J'ai donc d'abord "écrit dans ma tête" avant de poser des choses sur le papier ou plutôt sur le clavier. L'histoire a énormément évolué puisque je suis partie au départ, d'un trio amoureux entre une femme et deux frères célèbres, à l'histoire d'un trio amoureux ... d'une femme malade et deux hommes ... dont je ne vous en dirai pas plus pour le moment sur l'identité, afin de garder un peu de mystère. Chaque jour, même si j'ai une trame bien définie, mon histoire évolue et j'essaye, du mieux que je peux, à faire en sorte que ce premier roman ne soit pas qu'un roman d'amour léger, mais bien l'histoire d'une vie qui pourra apporter quelque chose aux lecteurs à travers différents thèmes de notre société. 
Je me suis fixée la fin d'année 2018 pour mettre le mot fin sur ce premier roman. A ce jour, mon incertitude concerne l'édition de ce dernier. D'une part, car je redoute énormément d'exposer cette histoire fictive à la vue de tous, d'autre part, car je n'ai aucune envie d'essuyer des dizaines de réponses négatives de maisons d’édition. Ouais, je crois bien que c'est une question d'égo là ... 

Mon second roman, en pause donc pour le moment, est né d'une expérience de ma jeunesse. Ado, et même adulte, j'ai fréquenté des forums que l'on appelait à mon époque RPG. Chaque forum avait un thème, une histoire ... et nous y faisions évoluer des personnage, inventés ou pré-définis par le forum, à travers des mises en scène écrites. Pour mieux illustrer la chose ... Admettons que j'incarnais le personnage de Sophie, jeune cadre dynamique de 32 ans, célibataire, fan de chats et qui vivait à New York. En face de moi, il y avait une autre personne derrière un ordinateur, incarnant Jonathan, photographe professionnel de 35 ans, célibataire et voisin de Sophie. 
A tour de rôle, nous écrivions une aventure ensemble, qui arrivait à nos personnages. "Sophie était très matinale, elle se levait toujours avec le sourire, sur les coups des 6h du matin, et cela même le week-end. Elle s'était instaurée une routine pour lui permettre de faire son sport quotidien avant de partir travailler, car elle savait pertinemment qu'elle rentrerait trop tard du bureau le soir, pour pouvoir faire un saut à la salle de fitness. [... blablabla ...] Ce matin-là, alors qu'elle refermait la porte de son joli duplex, elle tomba nez à nez sur Jonathan, son voisin de pallier, qui semblait rentrer d'une soirée trop arrosée. - Hum ... Bon... Bonjour Jonathan ! Ou plutôt bonne nuit ... Dit-elle avait un petit sourire malicieux aux lèvres. Elle le trouvait tellement craquant, même sexy. Elle se mordit la lèvre inférieure, attendant une réaction de son beau brun ténébreux de voisin. "

Suite à ce "post", la personne qui "joue" Jonathan poste alors une réponse qui prend la suite ... 
"Jonathan était sorti rejoindre ses deux meilleurs amis, sur les coups de 22 heures. Il s'était juré de ne pas rentrer trop tard, car il avait une séance de shooting très importante le lendemain matin à 9h pétantes. [... blablabla ...] Encore une fois, il s'était laissé emporté et avait fait la fermeture de la boîte à 6h du mat'. 30 minutes plus tard, il tentait tant bien que mal de rentrer chez lui, en mode zombie. ALors qu'il essayait vainement d'ouvrir sa porte, il sursauta quand sa voisine sortit sur le pallier. Il était tellement défoncé qu'il n'arriva qu'à marmonner un - Bon-jour .... Puis, comprenant que sa voisine attendait sûrement un peu plus qu'un grognement, il s'efforça à lui sourire et lui dit : - Ca va être une nuit courte, je dois être à Central Park à 9 h..."
Etc. On se répond jusqu'à ce que notre "post" prenne fin. C'était pour moi un des meilleurs entraînement d'écriture, car nous pouvions développer des intrigues mais aussi la psychologie de nos personnages. A tel point qu'on s'attache à ces personnages ... et particulièrement à trois d'entre eux que j'ai fait évoluer pendant plusieurs années sur un forum ... J'ai donc eu envie de reprendre leurs histoires, sous forme de roman. Je vous en avais fait découvrir un extrait et vous faisant lire la première page de cet ouvrage. Celui-ci m'impressionne moins quant à la publication. Il est sans prise de tête, léger et loufoque ... je redoute moins l'accueil du "public". 

Quant à mes récits de non-fiction, ils sont donc au nombre de deux. L'un regroupera les portraits des patients que j'ai suivi en tant qu'assistante sociale. Il est composé essentiellement de portraits que vous avez déjà pu lire ici. J'ai envie de montrer une autre facette du métier d'assistante sociale à travers ce livre. Le second, le plus personnel, concerne notre parcours vers la parentalité et sera basé essentiellement, je l'espère, sur l'adoption. Il n'est pas encore écrit, si ce n'est via des tas et des tas de post-it et autres petites notes que je marque sur un carnet, dès que j'y pense. 



Mais tout ce blabla pour dire que pour le moment, malgré toutes ces longues heures d'écriture sur mes ouvrages, mais aussi sur ce blog, je ne me considère pas encore comme "auteure" ou écrivain. Je pense que ce statut arrive une fois notre roman lu par d'autres, et donc publié. Et je rêve de ce statut bien que cela me paraisse inaccessible ... autant que le fait d'avoir un enfant ... une sorte de manque de légitimité. Et pourtant, si vous saviez comme j'en rêve ... non pas d'en vivre ... mais de toucher les gens, par mes histoires, par mes mots ... un jour, peut-être, je serai auteure.


lundi 7 mai 2018

Le jour où on a reçu la réponse de notre demande d'agrément #8

Je m’étais arrêtée sur la lecture de nos rapports en vue du passage en commission pour la demande d’agrément. Malgré mes tentatives, je n’avais pas pu obtenir la date de notre passage en commission. La secrétaire avait juste bien voulu me dire qu’il y avait une commission par mois, que s’il y avait trop de dossiers, on passait à la prochaine commission, et qu’on recevait les réponses par accusé de réception au bout de 7 jours.
Ayant renvoyé notre accord pour le passage en commission autour du 6 ou 7 janvier, je ne m’attendais pas à un passage ce même mois. Je misais donc sur février, avec une réponse qui arriverait donc mi ou fin février. 

Or, un matin de janvier, le samedi 20 pour être exacte, le facteur a déposé dans notre boîte aux lettres un avis de passage pour une lettre recommandée. Nous l’avons loupé à quelques minutes près ! Je me suis fait mille et un films durant tout un weekend.

Théorie n°1 : ce n’est pas le courrier du conseil départemental, on s’emballe pour rien.
Théorie n°2 : c’est le courrier du conseil départemental mais pour nous annoncer un refus d’agrément.
Théorie n°3 : c’est le courrier du conseil départemental avec un accord d’agrément mais une notice restrictive avec un refus de notice pour des jumeaux.
Théorie n°4 : c’est le courrier du conseil départemental avec un accord d’agrément et tout va bien dans le meilleur des mondes. 

Heureusement, le lundi, mon cher et tendre mari ne travaillait pas. Il a pu attendre sagement et longuement le facteur. De mon côté, j’étais au travail et je dois avouer que ce jour-là, j’ai été peu productive. Je ne pensais qu’à ça. Je guettais mon téléphone toutes les 3 minutes, et j’envoyais un SMS à mon mari toutes les 4 minutes 30, histoire d’être sûre qu’il n’avait pas oublié de me prévenir du passage du facteur.
Bien entendu, le facteur est passé pendant que j’étais en entretien. J’entendais mon portable me signaler la réception d’un, deux, trois, douze SMS … C’était mon mari qui me donnait des nouvelles. 

Et c’est donc la théorie n°4 qui a été retenue ! Nous avions l’agrément ! Le Saint Graal était en notre possession. J’ai pleuré quand j’ai lu ses textos, et d’ailleurs, au moment où j’écris ces quelques lignes, j’ai les larmes aux yeux. Pour moi, l’obtention de cet agrément a signé officiellement le début de notre grossesse sans date de fin, sans date d’accouchement prévue … L’attente devient concrète, réelle et peut durer 1 an, 2 ans, 5 ans ou plus. J’espère qu’elle deviendra concrète un jour, car malgré tout, nous restons conscient également que peut être, malgré cet agrément, nous n’aurons jamais d’apparentement. Mais l’espoir est là.
J’ai demandé à mon mari qu’il m’envoie les photos du courrier. J’ai lu et relu chaque mot, chaque phrase. J’ai appris par cœur chaque phrase de notre notice. 

Cette notice, c’est la clé, le cœur de notre parcours d’adoption. C’est en quelque sorte la fiche d’identité de l’enfant avec lequel nous serons apparentés. La fiche des enfants, même devrais-je dire, car nous avons eu un accord pour adopter des jumeaux, si le cas se présentait. J’ai envie de garder un peu de jardin secret, même ici, alors je ne vous dévoilerai pas le contenu de notre notice, si ce n’est que nous pourrons adopter un bébé né sous le secret, de 0 à 12 mois. Le service adoption a bien compris notre besoin de pouponner. Pour le reste, cela appartient et appartiendra à l’histoire de notre futur enfant. 

Cette nouvelle marque pour nous un tournant important sur notre chemin vers l’adoption et la parentalité. Nous n’en sommes, finalement, qu’au début. Même si officiellement nous sommes inscrits sur les listes depuis juillet 2017, que nous avons obtenu notre agrément en 6 mois (au lieu de 9 mois …) en janvier 2018 … nous savons que la route sera encore longue et semée d’embûches, de doutes, de pleurs, d’absence … Mais je ne cesse d’espérer qu’au bout du chemin, il y aura un joli berceau blanc sous un soleil radieux qui nous attendra … 

L’attente de la cigogne commence … 


lundi 5 février 2018

Le jour où on a lu nos rapports en vue de notre demande d'agrément #7

A ce jour, je crois que c’est l’un des moments les plus forts de notre parcours. Après avoir passé les différents entretiens psychosociologiques, nous avons donc attendu plus ou moins sereinement les rapports des deux professionnelles que nous avions rencontré. 
J’ai été agréablement surprise par la rapidité de l’envoi de ces rapports. Elles n’ont pas attendu pour les écrire et donc nous les faire lire. 
Nous avons un droit de regard et de modification sur ces rapports, mais uniquement pour des modifications de données erronées : exemple, une mauvaise date de naissance, une erreur dans le montant de nos salaires … Pour le fond, à savoir l’analyse, nous sommes invités, si nous sommes en désaccord avec la professionnelle, à reprendre RDV avec elle pour en discuter ensemble, mais elle n’est pas obligée de changer son rapport. Nous avons aussi droit de refuser de passer en commission après lecture de nos rapports et de demander de nouvelles investigations avec d’autres professionnels. Enfin, nous pouvons aussi écrire un courrier en plus, destiné aux membres de la commission, ou/et demander à être présents à cette fameuse commission.




Tout début janvier, à peine plus de 3 semaines après avoir vu pour la dernière fois la psychologue, nous avons reçu un courrier nous informant que nos rapports étaient prêts et que nous pouvions aller les lire. Etant loin de l’institution, nous avons demandé à les avoir par mail et en quelques minutes, je tenais nos fameux rapports dans les mains. Mais comme j’étais au travail et que je voulais partager cela avec mon mari, je me suis contentée de juste aller lire les 2 conclusions, histoire de m’assurer que les rapports étaient favorables et rassurer mon mari.
Le soir, après avoir eu l’un comme l’autre une journée très chargée, nous nous sommes posés et avons découvert le contenu des rapports : 6 pages pour l’assistante sociale, 2 pages pour la psychologue.
Les premières pages du rapport sociales sont très formelles et reprennent des éléments objectifs : nos salaires, nos charges, nos états civils, métiers, adresse etc. Ensuite, l’assistante sociale a repris avec exactitude le déroulé de nos entretiens, citant certaines fois nos paroles les plus fortes et significatives. En lisant ces quelques pages, j’ai immédiatement revécu nos entretiens avec elle. C’est une sensation très étrange mais très agréable que de lire un écrit sur soi, et de voir que notre parole, nos pensées … ont été si bien comprises et retranscrites. La conclusion ne fait aucun doute quant à l’avis favorable de l’assistante sociale. Le profil de notre futur bébé y est parfaitement décrit.
La lecture du rapport, plus synthétique mais tout aussi réaliste et empli d’émotion, de la psychologue continue à nous faire ressentir une vague immense d’émotions très fortes. La psychologue a très bien cerné nos personnalités, notre projet, notre désir. Les mots sont justes et bien pensés. La conclusion, elle aussi favorable, nous décroche un énorme sourire et un soulagement immense …



C’est toute fébrile que j’envoie par mail au service de PMI l’accord de passer en commission. Nous ne sommes pas informés de la date, juste qu’il y a une commission par mois. Nous espérons très fort être dans celle de janvier même si ça nous semble un peu juste niveau timing. Une nouvelle attente pour nous, à nouveau sans date de fin, et nous mettant à nouveau dans l’ambiance de l’incertitude de l’adoption 

jeudi 1 février 2018

Le jour où nous avons eu l'entretien individuel avec la psy pour l'adoption #6

Il y a une dizaine de jours, j'évoquais avec vous notre premier entretien avec la psychologue. Aujourd'hui, il est temps de parler de ce dernier RDV qui a eu lieu début décembre. J'étais à la fois impatiente et inquiète. Pour nous, il s'agissait du dernier examen où nous allions être acteurs ... Alors, on voulait tout donner. 



Ce jour là, Charmante Compagnie m'a récupéré au boulot et nous avons mangé un bout ensemble avant de prendre la route pour le service PMI de notre département. Nous avons convenu que mon mari passerait en premier. Je peux vous garantir que j'ai passé l'heure la plus longue de toute ma vie, à attendre et à imaginer ce qu'il se passait dans le bureau à côté ... C'est horrible d'avoir cette sensation de ne pas pouvoir agir ... Je faisais confiance à mon mari, bien entendu ... mais j'avais tellement envie d'entendre ce qu'il allait dire sur lui, sur nous, sur cet enfant qui un jour, peut-être, arrivera au sein de notre foyer. Alors, pour ne pas stresser, je me suis plongée dans la lecture des nombreux livres et magazines sur l'adoption mis à notre disposition et une heure plus tard, Charmante Compagnie est revenu vers moi, tout sourire. 
Nous avons eu juste 5 minutes ensemble, histoire de faire un point ... je voulais surtout savoir s'il avait abordé certains sujets, pour pouvoir les aborder si ça n'avait pas été le cas. Quand je suis rentrée dans le bureau de la psy, j'étais un peu fébrile. Je ne savais pas par où commencer ... Heureusement, la psy a pris la parole et nous avons pu immédiatement démarrer sur le sujet que je voulais aborder, à savoir la santé de l'enfant. C'est un peu comme lors du dernier examen pré-natale, quand on s'assure que tout va bien ... Et bien là, on a posé nos limites, on a pu les redéfinir et montrer à la psychologue que nous étions prêts à assumer les particularités auxquelles nous sommes ouverts. Et puis, tout s'est enchaîné. Parfaitement. 
Cette fois, la psychologue était plus loquasse, dans l'échange et je me suis sentie à l'aise. J'ai énormément parlé, de façon fluide. Je me suis aperçue que ça sortait de mon ventre, littéralement. Ainsi, j'ai laissé sortir de mon ventre si vide d'enfant, tout ce que j'avais à dire sur ce désir d'enfant et sur notre projet d'adoption. J'ai pu parler de tant de choses en si peu de temps ... j'étais moi même surprise. 
L'adoption, ça remue les tripes et le coeur. On est dans la prise de recul. Dans l'introspection. On verbalise énormément notre future parentalité. On doit se découvrir aux autres mais surtout à soi-même. J'ai été surprise de certaines choses que j'ai pu aborder de façon aussi sereine avec la psychologue. J'ai apprécié ses interventions, toujours justes, me confortant alors dans l'idée qu'elle comprenait ce que je disais, ce que je pensais, ce que je vivais ! 
Pendant 1h30, j'ai été dans une bulle. La bulle que je souhaite créer avec mon mari et ce petit bébé, dit bébé pupille. J'ai pu m'exprimer librement et sincèrement. Et quand la psychologue a mis fin à l'entretien, je me suis dit : "oh non, pas déjà" ... Ce face à face a été si serein et bénéfique dans notre parcours, dans notre cheminement. 

A la fin de l'entretien, j'ai posé quelques questions pratiques ... et j'ai alors réalisé que nous allions passer en commission environ 7 mois à peine après le début de notre demande ... Au lieu des 9 mois annoncés ... C'est peut-être un détail, mais pour moi, c'est un soulagement. Car une fois que nous aurons, je l'espère, obtenu notre agrément, ce sera une autre étape. Un pas de plus qui nous rapprochera de notre futur bébé. 
La psychologue m'a laissé, en me disant avoir énormément apprécié nos échanges. J'ai souris et je suis repartie sereine, avec un sourire qui n'a pas quitté mes lèvres ... Mon mari était un peu plus anxieux, préférant attendre la lecture de nos rapports ... 




Nous avons donc terminé 2017 avec l'espoir de lire très rapidement nos rapports, en priant pour que ces derniers soient positifs et reflètent notre projet ... Cette perspective a rendu ce Noël un peu moins dur que les derniers Noël passés ... Même si c'était encore un Noël sans enfant, même si ce Noël nous a rappelé que j'aurai du accoucher ce jour-là si je n'avais pas perdu notre petit Findus ... Même si c'était un Noël sans magie ... c'était un Noël plein d'espoir ...